Una dita

“L’home no és l’únic animal que pensa. Però és l’únic que pensa que no és un animal”

Segons Cécile Lestienne…

 

Si le chimpanzé ou le bonobo parviennent à exprimer des idées simples, ils ne le font guère qu’à l’impératif. Ils implorent, ils demandent, ils ordonnent. Homo sapiens – que l’on pourrait, avec Cécile Lestienne, rebaptiser Homo loquens ou, avec le linguiste Bernard Victorri, Homo narrans – raconte des histoires. Il est capable de narration.

… L’homme n’est pas le seul animal qui pense. Mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal. Alors, depuis qu’il sait qu’il est un vertébré poilu allaitant ses petits – autrement dit un mammifère -, depuis qu’il a compris qu’il est le frère, pour ne pas dire le clone génétique, des grands singes (il partage 99 % de son ADN avec les chimpanzés), l’homme se raccroche à ses prérogatives. Mais il les perd les unes après les autres : l’outil, la culture, la conscience de soi et d’autrui… ne sont plus des exclusivités humaines. À mesure que la science progressait, l’orgueilleux Homo sapiens a dû s’incliner et identifier des outils chez ces pinsons des Galapagos qui utilisent des épines de cactus pour dénicher les larves d’insectes sous l’écorce des arbres. Il a dû reconnaître une culture à ces macaques qui, après avoir découvert que les patates lavées à l’eau de mer étaient bien meilleures que les patates poussiéreuses, l’ont appris à leurs enfants. Il a dû attribuer une conscience à ces chimpanzés qui se reconnaissent dans les miroirs. À ces grands singes qui font preuve de suffisamment d’empathie pour consoler la femelle éplorée devant le cadavre de son petit ou pour mentir avec aplomb à leurs congénères afin de s’approprier des friandises…
Au rayon des apanages de l’homme, il reste donc un gros cerveau particulièrement plissé. Et le langage. Une faculté fascinante, parce qu’elle sublime les notions d’inné et d’acquis : elle est à la fois profondément inscrite dans notre biologie d’être humain et éminemment culturelle.
Le langage est un instinct, selon la formule du linguiste américain Steven Pinker, un instinct géné-tiquement programmé : si l’on excepte quelques graves pathologies, tout le monde parle (y compris les sourds dits «muets», qui «parlent» en langue des signes). On n’a jamais rencontré à la surface de notre planète un peuple dénué de langage. Mais bien sûr cet instinct exige un apprentissage, comme à peu près toutes les compétences cognitives et motrices chez l’homme. À la naissance, le bébé humain, parti-culièrement immature et désespérément peu performant – tout juste sait-il respirer et téter -, doit apprendre à parler comme il apprend à marcher. Seulement, si tout le monde marche peu ou prou de la même façon, il existe plusieurs milliers de langues différentes parlées à la surface de la planète, sans compter toutes celles qui ont disparu… Et les langues, elles, n’ont rien de génétique. Elles sont le pur produit d’une culture, le signe par excellence de reconnaissance identitaire et sociale.

Comenta

*

(*) Camps obligatoris

L'enviament de comentaris implica l'acceptació de les normes d'ús