El Mosel·la

Anton Marco | Luxemburg

 

Cada primavera molts aneguets neixen en maresmes i pantans, canals, rierols… i en els canyissars d’aigües amansades de l’Azette i el Mosel·la. Qui sap si per reviure o commemorar les belleses que ja cantava Ausonius 16 segles enrere o pel senzill reflex humà d’entretenir-se en qualsevol cosa o manera, cada any es llencen milers d’ànecs grocs a la Pétrusse. Tot plegat molt poètic.
I així i això deia el poeta sobre les excel·lències del Mosel·la:

“J’avais traversé sous un ciel nébuleux la Nava rapide, et j’avais admiré les nouveaux remparts ajoutés à cette bourgade antique, où les revers de la Gaule balancèrent un jour les désastres de Cannes, où gisent à l’abandon, dans la plaine, des bataillons que nul n’a pleurés. De là, suivant à travers des forêts sauvages un chemin solitaire, où nulle tracé de culture humaine ne s’offrit à mes yeux, je dépasse Dumnissus, au sol aride et partout altéré, les Tabernes qu’arrose une source intarissable, et les champs mesurés naguère aux colons sarmates; et je découvre enfin, sur les premiers confins des Belges, Nivomagus, lieu célèbre où campa le divin Constantin.

L’air est plus pur en ces campagnes, et Phébus, dont l’éclat resplendit sans nuage, dévoile enfin l’Olympe éblouissant de pourpre. L’œil n’a plus à percer une voûte de rameaux entrelacés, pour chercher le ciel que lui dérobent de verts ombrages; l’air est libre, et la transparente clarté du jour ne cache plus aux regards ses limpides rayons étincelant dans l’espace. Je revis alors comme une image de ma patrie, de Burdigala, de sa brillante culture, à l’aspect riant de toutes ces villas dont les faîtes s’élèvent au chant des rivages, de ces collines où verdoie Bacchus, et de ces belles eaux de la Moselle qui roulent à leurs pieds avec un doux murmure.

Salut, fleuve béni des campagnes, béni des laboureurs; les Belges te doivent ces remparts honorés du séjour des empereurs; fleuve riche en coteaux que parfume Bacchus, fleuve tout verdoyant, aux rives gazonneuses: navigable comme l’océan, entraînée sur une douce pente comme une rivière, transparente comme le cristal d’un lac, ton onde en son cours imite le frémissement des ruisseaux, et donne un breuvage préférable aux fraîches eaux des fontaines : tu as seul tous les dons réunis des fontaines, des ruisseaux, des rivières, des lacs, et de la mer même, dont le double flux ouvre deux routes à l’homme.”

Decimus Magnus Ausonius (310– 395), fragment del poema dedicat al Mosel·la

Aquí podeu veure el manuscrit digitalitzat per la Universitat de València.

 

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