Arxiu del dimarts , 16/04/2019

Stéphane Allix : Abductions

dimarts , 16/04/2019

L’enquête de Stéphane Allix : Abductions

9782226175007mStéphane Allix est à l’origine de la création de l’INREES (voir : www.inrees.com), un groupe de recherche qui fait un excellent travail de vulgarisation et de réflexion à propos notamment des phénomènes « extraordinaires ». Stéphane Allix est aussi à l’origine de deux excellentes séries documentaires, « Expériences extraordinaires » (2010 et 2013), disponibles en DVD sur le site de l’INREES. Ces documentaires ont été diffusés sur M6, à l’exception, bizarrement, de trois émissions de la saison 2 (sur la réincarnation, sur les contacts avec l’Au-delà et sur les thérapies « alternatives »). A noter également l’intéressante revue trimestrielle de l’INREES: “Inexploré”.

En 2015, Stéphane Allix a publié aux éditions Albin Michel un fort intéressant livre intitulé : “Le test”. Il est consacré à la tentative de la mise en évidence de l’existence de “l’après-vie”, à la faveur d’une expérience originale…

Parmi les trois documentaires d’“Enquêtes extraordinaires”, diffusés sur M6 en août 2013 (et rediffusés en septembre 2013), il y avait une émission sur les OVNIs et une autre consacrée aux « abductions » ou enlèvements extraterrestres. Quelques années auparavant, en 2006, Stéphane Allix avait publié (aux éditions Albin Michel) un livre sur les enlèvements : « Extraterrestres : l’enquête ». C’est du contenu de ce livre dont je parle ici.

Pour Stéphane Allix, la rencontre déterminante dans le domaine des « abductions » a été celle de John Mack, professeur de psychiatrie à Harvard. Celui-ci est décédé de mort accidentelle en septembre 2004 à Londres. Il avait obtenu, en 1977, le prix Pulitzer pour sa biographie de Lawrence d’Arabie.

John Mack (1929-2004), qui avait rencontré des dizaines d’« enlevés », s’est aperçu que ceux-ci ne souffraient pas de troubles d’ordre psychique. C’est en 1994 qu’il publia son premier livre sur les « enlevés » (livre qui fut traduit en français l’année suivante, sous le titre « Dossier Extraterrestres », aux Presses de la Cité). C’était le résultat d’un travail de deux ans sur une centaine de cas, dont treize sont détaillés dans le livre. En 1999, il publia son second livre sur le sujet : « Passport to the Cosmos » (non traduit en français).

Les expériences rapportées possèdent toutes les caractéristiques d’événements réels : narrations détaillées ne semblant pas renfermer de structure symbolique évidente, intenses traumatismes émotionnels et physiques, avec parfois des petites lésions apparentes sur le corps des victimes, logique et cohérence des récits jusque dans les moindres détails. John Mack a écrit que les énergies et les émotions qui traversent et bouleversent ces personnes au moment où elles font le récit de leur drame ont une intensité comparable à nulle autre qu’il ait pu rencontrer dans son travail de thérapeute.

Stéphane Allix rencontra la première fois John Mack en septembre 2003. Il fit la connaissance de quelques-uns de ses « patients » que John Mack appelait des « experiencers », ceux qui disent avoir été en contact avec des entités non humaines. C’est une psychologue qui suggéra à John Mack de rencontrer Budd Hopkins, un artiste de New York qui travaillait avec des « abductés ». Elle suivait un patient qui lui avait été adressé par Budd Hopkins. Les personnes que John Mack rencontra n’avaient pas de maladies mentales, chaque personne décrivant plus ou moins la même chose. Et, bien sûr, elles ne se connaissaient pas.

La personne est en voiture ou au lit, et puis il y a une lumière, des entités qui entrent dans la chambre. Les experiencers se sentent paralysés, on les prend, on les emmène… Ils parlent de communication télépathique avec les entités.

Dans certains cas, John Mack a proposé une séance d’hypnose légère. Lors de ces séances, la plupart du temps des souvenirs reviennent avec beaucoup de détails.

En Afrique du Sud, John Mack a découvert que les mêmes petits êtres gris décrits par les experiencers ont été baptisés Mantindane par les Zoulous. Il cite le guérisseur zoulou Credo Mutwa qui fit cette déclaration :

«Demandez aux Pygmées, aux Bushmen du Kalahari, aux Ovahimba de Namibie, aux tribus du Zaïre. Tous vous parleront de la présence grandissante parmi nous de ce que vous appelez en Occident les extraterrestres.»

Des différences subsistent entre les témoignages, mais John Mack a remarqué qu’elles portent davantage sur l’interprétation qui est faite des expériences dans les différentes cultures, que sur le cœur de l’expérience elle-même. Les caractéristiques principales (type d’entité, émotion intense, circonstances des rencontres) sont identiques. John Mack a ainsi constaté que le phénomène des enlèvements extraterrestres n’est pas limité au monde occidental et n’est pas le produit de la technologie spatiale, mais que le phénomène est universel, donc non dépendant d’une culture particulière.

Le docteur Bernstein, qui a enseigné les sciences sociales à l’Université de Boston et à l’Université de Californie, a collaboré avec John Mack dans son travail de recherche auprès des experiencers. Il a aussi travaillé avec des personnes ayant vécu des expériences de mort imminente.

Enquêtes, Stéphane Allix

dimarts , 16/04/2019

L’INREES étudie avec sérieux, en tout cas, avec le maximum de rigueur possible des sujets un peu trop vite qualifiés d’extraordinaires, voire surnaturels. Avec une véritable méthodologie scientifique, accompagnée (mais c’est sans doute là le corollaire) d’une grande ouverture, toutefois prudente, l’institut aborde les questions de conscience, de vie après la mort, des mondes invisibles. Souvent des questions qui nous dépassent. L’institut apporte des pistes de réponses possibles, pas de réponses définitives. Là où charlatans et autres sectes proposent des réponses clés en main et manipulent des millions de gens parfois dépassés, angoissés par certaines expériences, à travers le monde, l’INREES, s’appuyant sur des travaux scientifiques, propose des pistes de réflexions plus solides. Pas forcément plus rassurantes tant les questions et les possibilités sont vertigineuses, pour l’esprit humain. L’esprit humain qui veut savoir, savoir, savoir…et en même temps qui a peur de savoir. Le refus, de plus en plus rare, d’autoproclamés sceptiques cartésiens, d’accepter par exemple l’idée que la conscience pourrait survivre après la mort en dit souvent plus long sur les dits-sceptiques que sur l’éventuelle réalité du phénomène. Stéphane Allix nous avait captivé et ému avec son récit précédent, La mort n’est pas une terre étrangère. Profondément marqué par le décès de son frère en Afghanistan, il essayait d’en savoir plus sur l’idée d’une vie après la mort, en questionnant des médecins, des infirmières, des psychiatres, en allant voir un chaman en Amérique du Sud, ou au Tibet.

J’ai lu, tardivement, non sans réticences, je l’avoue, son second ouvrage, Extraterrestres : l’Enquête. Je n’ai aucune idée de l’impact des deux deux récits sur les gens, des chiffres de vente, mais on devrait sérieusement inscrire dans les programmes scolaires. Certains reprochent à Stéphane Allix une forme de naïveté, voire le surnomment Allix au pays des merveilles. Manifestement, ils ne l’ont pas lu. Ou alors sont de mauvaise foi. On peut sans doute reprocher certaines choses à Stéphane Allix, nul n’est un saint, mais difficile de lui reprocher une quelconque forme de naïveté, ou un manque de rigueur sur ce sujet. Un sujet que lui-même, pendant longtemps, a voulu éviter. Mais de quoi parle t-on au juste ? De per-sonnes qui ont été en contact avec des ovnis ou-et des extraterrestres. Leurs témoignages sont étudiés sous l’angle scientifique. On découvre notamment les travaux de feu John E.Mack, fameux professeur de psychiatrie à Harvard. Après de longues études sur ceux et celles qui racontaient leurs enlèvements par des extraterrestres, il parvint à cette terrible conclusion : la plupart des témoins ne souffraient d’aucune pathologie mentale. Au contraire, ils présentaient des caractéristiques psychologiques de traumatismes réels. Même les opposants de John E.Mack ont fini par se rendre à l’évidence : la terreur, le syndrome post-traumatique des témoins n’étaient pas feints. De là à conclure que des êtres venus d’ailleurs en étaient la cause, c’était encore une autre histoire. A travers le monde, quelques dizaines de milliers de personnes (ce qui n’est pas si énorme, quand on sait qu’il y a 7 milliards d’humains sur la planète), de toutes origines, toutes cultures, toutes positions sociales, aux U.S.A, au Canada, en Turquie, en Ama-zonie, en Afrique du Sud, au Japon etc, racontent la même expérience, décrivent les mêmes êtres, ressentent les mêmes peurs, angoisses, questionnements. Le récit aborde plusieurs pistes d’explications – notons un brillant passage sur la notion de réalité, la relativité, la physique quantique.

Mais ce qui marque, surtout, c’est ce sentiment d’infinie tristesse, le mot n’est pas trop fort, au gré des pages. Pourquoi tristesse infinie ? Parce que la détresse de ceux et celles qui ont fait face à des situations étranges, déstabilisantes, effrayantes, est totale. Détresse non communicable. Difficile à partager. Détresse aussi infinie que la galaxie. Solitude profonde. Franchement, quand bien même vous avez le sentiment réel de vous être fait enlevé par des Aliens, vous vous voyez raconter cela à votre entourage ? Certains ont préféré penser qu’ils étaient fous. Certains se sont laissés enfoncer dans la dépression. Certains ont choisi le suicide à force d’essayer de réfléchir sur l’indicible, l’impensable, l’inconcevable par rapport à nos expériences de la réalité. Après la lecture du récit, on reste pensif, longuement pensif, remué, et si triste. On est loin du sensationnalisme. L’écriture est de haut niveau, parfois âpre, ce n’est pas un ouvrage de vulgarisation. Le ton n’est certainement pas ludique. Il n’est pas pour autant détaché. Le vocabulaire est précis, il n’y a pas de jugements à l’emporte-pièce. Cette lecture m’a donné, je l’avoue, le vertige. Je n’étais pas forcément préparé à le lire, je dois bien dire que le sujet en lui-même ne me captivait pas vraiment. Si on ne me l’avait pas offert, je serais totalement passé à côté. J’ai eu pendant plusieurs nuits des insomnies, des nuits tourmentées par les questions soulevées par le livre. Le matin, l’esprit embrumé. Les idées sombres, et le moral pas au top. Les soucis familiaux et la grisaille, les pluies incessantes de juin(période où je l’ai lu) n’ont évidemment pas arrangé les choses. Pour couronner le tout, je lisais en parallèle un roman de Bernanos. Autant vous dire que dans les deux cas, je n’ai pas choisi la facilité.

Si vous devez lire juste UN ouvrage consacré à la question des Ovnis, des extraterrestres, alors c’est bien celui-là, il vaut bien tous les ouvrages publiés en langue française depuis les années 50 sur cette théma-tique. Ce livre s’adresse à tout le monde, il n’y a pas besoin d’être intéressé particulièrement par la science-fiction. Le sujet est très controversé -notamment parce qu’au fond, pour la plupart d’entre nous, admettre que nous ne sommes éventuellement pas seuls et qu’il y a des entités non-humaines d’une intelligence supérieure, c’est pénible, c’est difficile, et ce malgré notre conscience de l’immensité de l’univers. Toutefois, si on est un minimum responsable et altruiste, il faut bien se dire que c’est un sujet qui mérite l’attention de tous et de toutes, pas uniquement des passionnés d’ufologie (qui, mais je ne suis pas si surpris, évoquent peu cet ouvrage, de façon générale) ou des étudiants en psychiatrie.

Luc Melmont