Amadou a la ciutat de la llacuna

RÉCIT D’AMADOU
Quartier habitation: Kouva (Sebkha)
Occupation professionnelle: élève

Je m’appelle Amadou. Je J’habite au quartier de Kouva avec mon oncle, ma tante et mes cousins. J’ai sept ans et je vais à l’école de mon quartier.

Des fois le week-end je vais à la plage de pêcheurs avec mon oncle pour acheter du poisson. Néanmoins, j’attends avec impatience le soir pour aller jouer au foot avec mes amis du quartier.

Dernièrement je suis préoccupé. Le temps avance et bientôt l’hivernage arrivera. Ma famille et moi avons beaucoup souffert l’année passée pendant la saison de pluies. Notre maison s’est inondée et nous avons du déménager à Toujounine chez des parents. Vers le mois de décembre nous sommes rentrés à Kouva, mais nous avons perdu nos affaires… soit ils se sont gâté, soit ils ont été objet de vol pendant notre absence forcée. Qu’est-ce qu’il va se passer cette année ? Va-t-il pleuvoir autant que l’année passée ? Devrons-nous quitter chez nous ?

2016

J’ai déjà 9 ans. Suite aux problèmes qu’on avait en occasion de chaque hivernage les politiciens ont pris une décision qui au début nous a beaucoup étonné, voir gêné. Ils ont démoli les maisons de Kouva les plus touchées pendant l’hivernage. Au début les voisins y était en contre, mais après il y a eu des actions de concertation de la population et on a accordé la démolition mais à condition d’être logés le plus près du quartier. Ce que je craignais le plus c’était le fait de changer d’école… j’aime bien la mienne, je m’y sens attaché.

Notre maison a été une des affectées. On l’a démolie. Mais maintenant on sait que nous faisons partie de la mémoire de Kouva car c’est avec les matériaux de nos anciennes maisons qu’on a construit de digues qui ont servi à réduire les dégâts commis par les pluies. Mon oncle m’a expliqué que ces digues servent à accompagner l’eau tombé du ciel vers de zones de sebkha non habitées.

On nous a relogés sur un terrain entre la route de Nouadhibou et Nasser, assez près de notre ancien quartier. Ainsi, je continue dans le même établissement et les après-midis je joue encore avec mes amis Cheikh Tijani et Bertrand.

Le dernier hivernage on a encore subi des problèmes d’eaux. Certes, la situation s’est beaucoup améliorée et on n’a plus du quitter chez nous, sauf une semaine de fortes pluies où l’on a été relogés, avec d’autres familles, à une plateforme bâti sur des pilotis. Pendant notre séjour à la plateforme on dormait sur des matelas placés sur de palettes. Alors on a fait pareil à la maison, il paraît que c’est une bonne idée pour se protéger du sel.

Comme mon oncle dit, le problème des pluies n’est pas résolu mais s’est amélioré. On a eu du mal à accepter le relogement mais on a vu avec le temps que c’est une bonne solution.

2030

Il y a 15 ans qu’on a été relogés. Depuis lors, la démolition de maisons a continué et par conséquence la construction de digues s’est multipliée. Il n’y a plus de maisons à l’ancien quartier de Kouva ni dans presque toute la Sebkha. Maintenant l’espace s’appelle Bassin de Kouva. C’est un espace très agréable, il y a des plantes et des oiseux. Les plateformes qui autrefois avaient servi pour accueillir des familles en cas d’urgence sont devenus des espaces plurifonctionnelles : d’un côté, des observatoires pour admirer la beauté de la lagune, les oiseaux migrateurs et la flore. Il y a des touristes qui viennent, des écoliers et des familles. En même temps, dans les plateformes il y a des espaces pensés pour faire du sport : tennis de table, arts martiaux, musculation… j’aime bien ce qui a été fait !

Nous n’avons eu presque aucun problème à cause de l’eau des pluies ces dernières 5 années, mais bientôt nous serons encore relogés. Dès le début on savait que ce relogement n’était pas définitif. Aujourd’hui la sebkha est une zone naturelle protégée et on ne peut plus y construire.

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