Mohamed a la ciutat que es mou

Je m’appelle Mohamed. Je suis père de trois enfants qui vont à l’école. Sa maman est décédée suite à un accident de circulation. C’est ainsi que Dieu l’a voulu, mais je pense jusqu’à présent que j’aurais dû l’amener plus rapidement à l’hôpital… J’aurais pu trouver un taxi plus vite, ou zig-zaguer les embouteillages.. C’est elle qui m’a proposé en 2008 de faire une gazra à M’geity, une zone lotie attribuée à Dar Naim. Avant on habitait à Dar El Beida (El Mina), car l’État nous y avait donné un terrain suite au recasement de Kebbe el Mina. On a sou loué la maison de Dar el Beida et nous sommes déménagés à la gazra de M’geity.

Je travaille et je peux nourrir mes enfants, al-hamdoulillah. Je suis docker au Port de l’Amitié.

Je me suis marié une deuxième fois, mais ma femme refuse de vivre à M’geity parce que ses parents son vieux et elle ne peut pas les confier à personne. Pour cette raison, elle se voit obligée à rester dans la maison familiale à Ryadh. J’ai peur de perdre la gazra et c’est pour cela que tandis que je passe les nuits à Ryadh avec ma femme, mes enfants habitent à M’geity. Je crains que quelque chose leur arrive, et c’est pour cela qu’ils passent la nuit chez ma sœur, qui a fait la gazra tout près de nous.

J’ai l’impression que je passe mes journées à l’intérieur des taxis… je vis entre le travail, la gazra et chez ma femme, trois points éloignés et mal communiqués. Est-ce qu’on ne va jamais trouver une solution à ce problème ? Dar Naim restera toujours enclavé au sud-est de l’aéroport ?

2016

Depuis 2014 la situation du transport urbain s’est franchement améliorée, en grande partie parce qu’on a implanté un nouveau système de voiries qui nous permet d’aller d’un point à l’autre de la ville sans être obligés à passer par Capitale. Il y a à peu près un mois le père de ma femme a eu une insuffisance pulmonaire. Cette fois-ci, al-hamdoulillah, il est arrivé à temps à l’hôpital, car la circulation en centre-ville est beaucoup plus fluide qu’auparavant. Par conséquence, je ne passe plus autant de temps dans les taxis et, vu que pour des circuits où j’étais obligé à prendre trois taxis là j’en prends que deux, mes frais en transport ont diminué.

La ville commence à bouger à niveau de loisir. Mes enfants maintenant ont des espaces pour s’amuser tout près de la maison, au quartier de M’geity.

2030

Je ne travaille plus au Port de l’Amitié. Non, non, je ne suis pas encore à la retraite, mais maintenant je travaille beaucoup plus près de la maison. Les parents de ma femme sont malheureusement décédés et maintenant nous habitons aves les enfants à M’geity. On a créé dans la ville des marchés internationales tels que celui de Bamako, où je travaille, sur la route de l’Espoir, pas loin de Dar Naim. Les camions provenant du Port de l’Amitié y arrivent directement sans passer par le centre-ville, en contournant la partie sud de Nouakchott.

Depuis déjà deux ans je suis grand-père. Ma fille m’a donné un petit-fils qui est né sain et beau, mashallah. Il est né à l’Hôpital de Dar Naim, donc on n’a pas du tout eu des problèmes de transport.

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